Les Bagou Minou
Bagou Minou
C'était de petits sloops pontés, spécialisés dans le dragage du sable qu'ils livraient sur Brest, Daoulas, Le Faou, jusqu'à même Port-Launay.
Servant pour l’exploitation du "treazh ou sable coquillier sur le banc du Minou".
Ce sable servait à faire baisser l’acidité des terres, cela augmentait considérablement les rendements agricoles.
Les "Bagou Minou" été armaient le Minou, la pointe bien connue, à l'entrée du goulet.
Il y en avait 6 à Rostiviec, dont "Armand Marie" patron Hervé Omnès et "Etoile", patron Louis Quillien.
Deux Bagou Minou à l'échouage
On peut remarquer la faiblesse du tirant d'eau arrière, celle-ci étant plus particulièrement sensible sur le bateau situé au second plan, à droite.
La hauteur de l'étrave y semble supérieur à celle de l'étambot qui représente une certaine tonture.
La plage du Minou
Un métier difficile, dragues remontées à la main, bateau chargé et déchargé à la pelle, qu'il fallait faire avancer à l'aviron quand il n'y avait pas de vent. Parfois quand les courants contraires étaient trop forts il leur fallait mouiller et attendre la marée suivante pour repartir.
Cependant les accidents n'épargnaient pas les Bagou Minou ...
En photo quatres sloops, très vraisemblablement de Rostiviec échoués sur la grève du Minou.
Le samedi 11 avril 1891, se produisit un terrible drame.
Le samedi 11 avril 1891, se produisit un terrible drame.
Trois bateaux de Rostiviec, la Jeune Sophie, l'Adelaïde et le Paul Amélie, tous chargés de sable, attendaient la marée montante, échoués devant le phare du Minou.
Le vent se leva soudain en tempête, les trois bateaux furent projetés à la côte et vinrent se briser sur les rochers.
Neuf hommes se trouvaient à bord, quatre périrent, dont un jeune mousse et son père.
C'est en voulant le sauver que son père et deux autres marins ont trouvé la mort.
Témoignage d'un rescapés, François Runavot, patron de l'Adelaïde :
" Vers trois heures de l'après-midi, la mer est devenue très houleuse et démontée par un vent de sud-ouest. Nous avons essayé de résister mais tous nos efforts ont été inutiles. Après trois heures de lutte contre la tempête, nous avons dû abandonner nos bateaux pour gagner la côte à la nage".
Source : La Dépêche du 14 avril 1891